“VOYAGE A DEUX” DE STANLEY DONEN
Tant qu’Audrey Hepburn et Albert Finney sont sur la route, leur couple roule. Jusqu’à ce que la mer les sépare…
Loin des anecdotes vestimentaires qui fusent généralement lorsqu’on évoque ce véritable défilé de mode hepburnien qu’est Voyage à deux, celle-ci : Audrey Hepburn, qui avait peur de l’eau, nécessitait de la présence d’un maître nageur, attendant discrètement hors-cadre, afin d’aller la repêcher une fois que Mark Wallace (Albert Finney) eut jeté Joanna (Hepburn) dans la piscine. Fait de peu d’intérêt si l’on s’en tient à la phobie de l’actrice, mais qui a le mérite d’attirer l’intention sur le rôle de l’élément liquide dans le film. Sur la mer, plus précisément, à qui il faut rendre sa part de responsabilité dans la dissolution conjugale des époux Wallace.
En remettant un peu d’ordre dans ce kaléidoscope temporel, mélange d’extraits d’une même traversée de France effectuée à différentes époques, on voit que le tout premier accrochage dans le couple intervient à la fin du premier voyage - le voyage idyllique, celui de leur rencontre - sur une plage de Méditerranée. Tant qu’ils avaient de la route à parcourir, leur union fonctionnait. Mais que la Grande Bleue les empêche de continuer à cheminer ensemble, et c’est la crise. Pour ne pas s’éteindre, la passion doit être en mouvement. Vite, la raviver avec le premier souffle qui passe par la bouche ! D’où la demande en mariage que Mark, à l’encontre de ses principes sur la question, crie à Joanna pour la ramener dans ses bras.
Quelques années plus tard, mariés, parents, c’est sur ce même bout de côte d’azur que sera mis le feu de l’adultère aux poudres de leur mariage. Joanna y rencontre David (Georges Descrières) sur la grève, puis avoue son infidélité à Mark à une terrasse de café sise au sommet d’une falaise. En bout de route et au bord de l’eau – l’iode, décidément, ne leur réussit pas ! Alors, forts de leurs expériences de voyage, lorsque, en conclusion du métrage, le couple parvient sur le littoral, il ne s’arrête plus là. Passé la douane italienne, mari et femme s’embrassent, et s’en vont en longeant la mer. L’amour est sauf.








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