Adieu Salta, et c'est à présent Corrientes. Ville de courants que sillonnent des hordes de cafards, sorties des profondeurs pour venir impudemment s'aplatir sous les pieds ou griller au soleil. Un ciel furieux qui s'abat comme plomb sur les épaules des bipèdes itinérants, écrase au sol, condamne à une errance pleine de poussière et de mirages. Au détour de quelque rue, une illusion tropicale, un serpent qui coule en faisant saillir les muscles liquides de son corps. Paraná. Et au bout, un fantôme surgi de la mémoire. Putain de voyage... Après le désert urbain, la jungle. La vraie, toute de vert et de rouge, étouffante, foisonnante. Une présence enivrante, qui finit par imposer de drôles d'idées. Aller à Rio. On y rêvait. C'est désormais une nécessité.